Investir Un modèle économique de temps long

Enquête - Les besoins de mobilité des Français et des Européens

Ipsos et le Boston Consulting Group ont réalisé en 2017, pour l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (ASFA), une étude analysant la perception et les attentes des ressortissants de dix pays de l’Union européenne vis-à-vis des infrastructures de transport. Menée auprès de 10 000 Européens, dont 1 000 Français, l’étude met en lumière de fortes attentes en matière de mobilité.

Plus d’un Français sur quatre a le sentiment d’être « un peu trop loin de tout » (27 % vs 26 % pour la moyenne européenne). C’est – logiquement – davantage le cas des Français habitant en zone rurale (46 %). Ceux qui ont le sentiment d’être « loin de tout » sont 40 % à penser que, là où ils habitent, les pouvoirs publics en font plutôt moins qu’ailleurs pour le bien-être des habitants.

L’investissement dans les infrastructures de transport est plébiscité par les Français, qui se montrent dans l’ensemble moins critiques que la moyenne des Européens quant au niveau d’investis-sement des pouvoirs publics. Ils sont néanmoins une majorité à considérer que ces investissements restent insuffisants en ce qui concerne l’accompagnement des nouvelles formes de mobilité (62 % au sujet des stations de recharge des véhicules électriques, vs 74 % pour la moyenne européenne) mais aussi le réseau ferroviaire (54 % vs 62 %). Les Français considèrent que toutes les initiatives visant à favoriser l’intermodalité leur permettraient de se déplacer plus facilement dans leur vie quotidienne, notamment des gares routières mieux connectées aux transports en commun (73 %) ou encore des emplacements réservés, à l’entrée des autoroutes, pour y laisser leur véhicule et prendre un autre mode de transport sur autoroute ou voie rapide (66 %).

En vidéo : la gare routière de Briis-sous-Forges
Quand grande banlieue et métropole se rapprochent.

74  des Français se disent satisfaits de leurs infrastructures routières (67 % en moyenne en Europe). Toutefois, comme la moyenne européenne, ils se disent majoritairement mécontents (58 %) de la fluidité du trafic aux heures de pointe. Ils expriment de réelles critiques sur le niveau d’intermodalité des moyens de transport dont ils disposent aujourd’hui. Ils ne sont que 45 % à être satisfaits des points de correspondance entre les différents modes de transport (vs 44 % en Europe) et 49 % en ce qui concerne le réseau de transports en commun urbain (vs 45 % pour l’ensemble des pays européens).

43  des Français estiment qu’il est parfois difficile d’utiliser les transports en commun situés à proximité de leur lieu de vie (vs 35 % pour la moyenne européenne). Si les Français n’utilisent pas plus souvent les transports en commun, c’est avant tout, selon eux, à cause d’un mauvais maillage du territoire : des destinations mal desservies (48 % mettent en avant cette raison vs 41 % des Européens) et des arrêts de transport en commun trop éloignés de chez eux (23 % vs 18 % des Européens). Selon eux, la fréquence de passage est également trop faible (39 % citent cette explication, vs 42 % des Européens), ce qui expliquerait le recours massif à la voiture individuelle.

7 h 12, c’est le temps que les Français passent en moyenne par semaine à se déplacer (du lundi au vendredi), soit 2 h 23 de moins que la moyenne des Européens (qui y consacrent 9 h 35). En France, encore plus qu’ailleurs, la voiture est le moyen de transport incontournable et ce, pour la quasi-totalité des trajets du quotidien : que ce soit pour se rendre sur son lieu de travail ou d’études (67 % vs 61 % pour la moyenne européenne), aller faire ses courses alimentaires importantes (86 % vs 73 %) ou encore emmener ses enfants pour leurs activités quotidiennes (69 % vs 56 %).

Les innovations dans le domaine de la mobilité vont bouleverser leurs déplacements, estiment les Français. Ils considèrent (à 83 % vs 73 % pour l’ensemble des Européens) que, dans quinzeans, ils pourront rouler dans des véhicules électriques sur de longues distances sans problème d’autonomie, qu’ils laisseront leur voiture à l’entrée de la ville et n’utiliseront que des transports en commun accessibles depuis leur stationnement (75 % vs 70 % des Européens), et que les véhicules ne rejetteront plus de gaz à effet de serre (72 % vs 68 % des Européens). Ils sont également convaincus que l’on pourra rouler dans des voitures autonomes sur des voies réservées sur autoroute (58 % vs 52 % des Européens), voire sur toutes les routes (52 % vs 46 %), et que toutes ces innovations auront des conséquences positives sur leur vie de tous les jours (72 % vs 77 % des Européens).

En vidéo : Madrid, un exemple à suivre