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Innovation - Le premier passage d’un véhicule autonome au péage

Le 12 juillet 2017, sur l’A10, une Citroën C4 Picasso a franchi la barrière de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, l’une des plus fréquentées d’Europe, sans aucune intervention du conducteur et en se mêlant au trafic habituel. Cette première constitue une étape importante dans la connexion entre le véhicule autonome et les nouvelles générations d’infrastructures nécessaires à son développement. Elle est le fruit d’un programme expérimental associant VINCI Autoroutes et le constructeur automobile PSA.

Un sujet techniquement complexe

Pour un véhicule autonome, le passage d’une zone de péage est un sujet particulièrement complexe. Il requiert une capacité à gérer les flux croisés des véhicules qui s’orientent de manière aléatoire au niveau de la barrière de péage. Il nécessite aussi d’assurer le guidage du véhicule autonome sur une zone ne comportant pas de marquage au sol, puis d’orienter sa trajectoire de manière à lui permettre de s’insérer dans une voie de péage large de seulement 3  mètres. Enfin, le véhicule autonome doit être en mesure de prévoir tous les aléas lors du franchissement de la barrière de péage.

La communication entre l’infrastructure et le véhicule

Un protocole de communication spécifique a été développé dans le cadre de cette expérimentation.

• Un système de guidage, déployé 500  mètres en amont de la barrière, permet au véhicule autonome de suivre une trajectoire préenregistrée, jusqu’à la voie de péage sélectionnée et équipée pour l’accueillir. Le système indique ensuite le trajet à parcourir à la sortie de la barrière pour rejoindre la section courante de l’autoroute, où le véhicule peut continuer à se guider au moyen des lignes blanches.

• Une autorisation de passage est adressée au véhicule, lui indiquant si la barrière est ouverte. L’infrastructure lui transmet cette information au moyen d’une antenne UBR (unité de bord de route), positionnée 300  mètres avant la barrière de péage.

• Le système d’information du péage a été modifié : il analyse en temps réel la disponibilité de la voie et s’assure que les conditions sont réunies pour permettre le passage du véhicule autonome en toute sécurité. L’autorisation ainsi calculée est ensuite envoyée au véhicule autonome via l’antenne UBR.

• Un badge de télépéage équipe le véhicule pour lui permettre de franchir les voies en toute autonomie.

Un partenariat plus large

Le passage de ce véhicule autonome dans des conditions réelles de trafic s‘inscrit dans un programme plus large, associant le groupe PSA et VINCI  Autoroutes, et visant à faire coopérer le véhicule autonome et l’infrastructure autoroutière, avec l’objectif de permettre une conduite en autonomie complète (niveau  4 ou 5). Les autres travaux menés dans ce cadre concernent le safe stop (guidage automatique sur une aire de stationnement) et la qualification des circulations propices au mode autonome, afin que le véhicule évolue de manière sécurisée sur un tracé en intégrant d’éventuels événements liés au trafic (ralentissements, accidents, etc.).

Les deux Groupes participent également à d’autres programmes de recherche sur le véhicule connecté et autonome, comme Scoop@f et C-Roads, et aux projets de normalisation et de partage des connaissances menés notamment au travers de VEDECOM, institut de recherche et de formation dédié à la mobilité individuelle décarbonée et durable.